Je me suis réveillé à 10h10 aujourd'hui. J'étais très somnolent, mais comme il fallait rendre la chambre à 11h, j'ai pris une douche en vitesse et emballé mes affaires. Combien de fois ai‑je déjà fait le check‑out ? Je voyage depuis quatre mois maintenant, donc j'ai fait beaucoup de check‑out. Même si j'aime beaucoup tout ça, je me disais quand même que le Vietnam, où le check‑out est à midi, c'est le top.
La gentillesse du propriétaire de l'hôtel
J'ai pris ma dernière douche et j'ai terminé le check‑out. J'ai récupéré la caution. Mais mon vol est à 20h, donc j'ai encore beaucoup de temps. Je voulais d'abord aller déjeuner, alors j'ai demandé si je pouvais laisser mon sac ; on m'a dit que c'était possible jusqu'à 13h, donc ils l'ont gardé pour moi.
Je suis allé au restaurant préféré d'hier, appelé Ichidon. Aujourd'hui, quand j'ai voulu m'asseoir à une table au fond, on m'en a empêché en me disant « ici », et ça m'a un peu déplu. Mon moral est retombé. Mais après avoir commandé, je m'en suis déjà fiché. J'ai pris un menu de nouilles : un yakisoba avec poulet taïwanais en set et un milk tea. C'était très bon. L'épice était dosée juste comme il fallait.

Après le déjeuner, je suis retourné à l'auberge. J'ai travaillé un peu et peu à peu je suis devenu mentalement instable. Pourquoi donc ? Qu'est‑ce qui s'est passé ? La dernière fois où j'ai eu une crise d'angoisse, c'était le lendemain d'une plongée sous‑marine en Thaïlande.
C'était probablement l'effet de l'azote. Mais cette fois, pourquoi ? Je me suis dit que c'était sans doute dû au manque de sommeil et à une mauvaise alimentation. En voyage, je me demande quand même à quelle fréquence on finit par tomber malade.
Je suis sorti pour me calmer et j'ai fait quelques respirations profondes, et le propriétaire de l'hôtel est venu me demander « c'est quand ton vol ? ». Quand j'ai répondu « à 20h », il m'a dit « il te reste encore beaucoup de temps. Laisse tes bagages ici et va te promener ».
Il a été tellement gentil, j'étais vraiment content. Je l'ai remercié plusieurs fois, je lui ai dit que j'étais reconnaissant, puis je lui ai confié mon sac et je suis sorti. En voyage, on rencontre parfois la gentillesse des gens de cette manière. Ces instants réchauffent vraiment le cœur.
Appel avec mamie
Je suis allé au 7‑Eleven et j'ai acheté une boisson contenant des minéraux. J'ai pensé que mon malaise venait peut‑être d'un manque de minéraux, alors j'ai aussi pris un complément. J'ai marché jusqu'à un petit parc et je me suis assis. J'avais l'impression que mon cerveau ne recevait pas assez d'oxygène, ce qui me rendait un peu anxieux. Peut‑être que c'était parce que mon nez était bouché.
Je me suis un peu reposé et j'ai appelé mamie pour la première fois depuis longtemps. Au téléphone, je lui ai longuement raconté ce que je faisais pendant le voyage et mes préoccupations. Ces derniers temps, je m'intéresse beaucoup à la connaissance de soi : je découvre qui je suis à travers le voyage et j'analyse sans cesse quel genre de personne je suis. Elle m'a répondu « Tu es devenu trop intelligent, hein ». On a parlé environ 1 heure 12 minutes et je me suis senti plus léger.
Merci mamie. Quand je vais vraiment mal mentalement, j'appelle toujours mamie. Mais je me demande un peu et ça me fait peur : que se passerait‑il si elle venait à disparaître ?
La mer et la bougie‑souvenir

J'ai pris un taxi pour aller à la mer à proximité. Même si c'était « proche », il a fallu environ 40 minutes. Une fois là‑bas, il n'y avait quasiment que des locaux et la mer était ordinaire. Ce n'était pas extraordinairement beau. Il y avait une personne qui faisait de la planche à voile.

Ça m'a donné envie d'essayer aussi. Je suis resté environ vingt minutes, puis je suis retourné en ville. Je voulais garder de la marge au cas où il y aurait des embouteillages pour aller à l'aéroport.

En 30 minutes je suis arrivé en centre‑ville. En flânant dans une boutique de souvenirs, j'ai trouvé une bougie qui sentait tellement bon que j'ai décidé de l'acheter pour offrir. Je me suis dit que mes sacs devenaient de plus en plus lourds, que c'était problématique, mais bon, tant pis.
La vendeuse a été très polie et m'a laissé tester en allumant tous les encens. J'ai acheté une bougie à 49 ringgits, environ 1 750 yens — je trouvais ça fou. Je me suis dit que quand on est traité avec une telle délicatesse, comme un VIP, on a envie de répondre à cette gentillesse. Je pense que ça vaut pour toutes les relations humaines.
L'important, c'est d'abord d'agir soi‑même. Il n'y a que du positif à le faire.
Rien qu'en acceptant gentiment d'allumer trois encens pour moi, j'ai fini par acheter une bougie que je n'aurais probablement pas achetée, pour 49 ringgits. Quel marketing incroyable, je me suis dit.
Conversation avec le chauffeur de taxi
Je suis retourné à l'auberge pour me préparer. J'ai appelé un taxi pour aller à l'aéroport. Le chauffeur était vraiment sympa et m'a demandé en chemin « Kota, d'où viens‑tu ? ». On a bien discuté. Il est originaire de Penang et il adore Penang.
C'est vrai que Penang est une très belle ville. Je lui ai dit que j'allais bientôt à Kota Kinabalu.
Enregistrement en libre‑service avec une machine
Arrivé à l'aéroport, j'ai déposé mes bagages et fait l'enregistrement. Pour la première fois, j'ai fait l'enregistrement moi‑même à la machine et le dépôt a été pris en charge par la machine aussi ; il n'y avait qu'une seule personne au comptoir. La Malaisie est très systématisée à ce niveau‑là et tout est vraiment fluide. J'aimerais que d'autres pays s'en inspirent.
Après l'enregistrement, je suis passé la porte d'embarquement. Avant cela, j'ai voulu sentir des parfums et je suis allé chez Jo Malone. En général, les senteurs Jo Malone ne sont pas trop mon style, mais il y avait des exclusifs, alors j'ai essayé. Il y avait du hinoki et de l'agarwood, alors je me suis dit que ça devait sentir bon, et c'était effectivement le cas.
L'odeur du hinoki en particulier était absolument magnifique, et je suis vraiment tombé amoureux. J'ai pensé que j'envisagerais d'en acheter un quand je rentrerai au Japon. Je me suis dit en riant combien de parfums je finirais par accumuler.
Réflexions au salon

Je suis allé au salon et j'ai pris un dîner léger : des pâtes, du curry‑rice, de la pastèque et une salade. J'ai senti que je rechargeais enfin un peu d'énergie. Mon appétit est revenu et ma fièvre diminuait petit à petit, donc j'étais content. Mon estomac n'est pas encore complètement remis, j'espère que ça ira vite.
Agis selon tes émotions. Demande.
L'embarquement approchait, alors je me suis dirigé vers la porte. Mais il y a eu plus de 30 minutes de retard. Mon siège était le 30B, au milieu. D'habitude je choisis mon siège à l'avance, une fenêtre à gauche tout au fond, donc quand c'est aléatoire je me retrouve toujours avec des places bizarres. Mais bon, tant pis.
Nous avons embarqué et l'avion a décollé ! À ce moment‑là, j'ai eu le courage de demander à la personne à ma gauche : « Hé, est‑ce que je peux filmer le décollage ? » de manière tout à fait directe. Il m'a répondu « bien sûr », alors j'ai suivi mon émotion, j'ai filmé le décollage et je l'ai remercié.

C'est super simple. C'était le résultat d'avoir agi selon mes émotions. Honnêtement, je me fiche de savoir si la personne pourrait être gênée ou non. Personne ne va te détester pour ça. Donc si tu as envie de filmer, fais‑le.
Demande. Étendre la main et filmer sans rien dire, c'est un peu malvenu, alors demande. Quand tu veux faire quelque chose, passe à l'action. Et demande. Steve Jobs disait aussi que lorsqu'on demande de l'aide ou une faveur, on se fait rarement refuser.
J'ai pu faire une belle vidéo. Ensuite, j'ai profité du vol en écrivant dans mon journal, en me préparant à arriver à Kota Kinabalu vers 23h30.
Ma raison d'être
Au fond, je me demande quel est vraiment mon ikigai. Mon rêve est de m'installer à l'étranger et de mener une vie romantique et merveilleuse avec ma partenaire adorée. Mais plus que cela, je veux donner aux gens une énergie solaire qui les revitalise.
Je veux transmettre une énergie positive. Je veux faire sourire les gens, et pour ceux qui sont en difficulté, moi, simple moi, je veux tenter des choses pour les encourager et soutenir leurs batailles. Je me dis que c'est peut‑être là mon ikigai.




